Avis: Étoiles Mortes de Jean-Claude Dunyach

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Vingt-sept Animaux-Villes, dont les rues, les dômes et les beffrois sont faits de chair, ont offert à l’humanité le voyage instantané vers les étoiles. À condition bien sûr de payer le tarif exorbitant exigé par le Cartel. Pour les autres, il ne reste qu’à devenir un Astral : un être désincarné qui attend des années que son corps le rejoigne à bord d’un vaisseau d’émigrants.

Closter, artiste en mal de création, traîne au bar des Étoiles Mortes, accompagné de son chat. Il croise Marika, l’Astrale qui se sert du corps des autres pour sauter de ville en ville. L’un court après sa mémoire, l’autre après sa chair. Ensemble, ils vont changer le monde.

Titre : Étoiles Mortes
Auteur : Jean-Claude Dunyach
Couverture : Gilles Francescano
Editeur : Mnémos
Lien: Étoiles Mortes
Pages: 384 p.
Format: Grand Format (Hardback)
Dépôt légal : novembre 2015
ISBN : 978-2-35408-339-7
Prix: 25€
Étoiles Mortes
Je préfère amplement ce genre de représentation d’un roman pour se donner une idée sur celui-ci. Elle permet une notation (non chiffré, selon moi l’art ne se note pas) plus subtile et moins grossière qu’une note générale. Le graphique radar, sans donner de chiffre, permet de voir les forces et les faiblesses d’un roman. Elle permet également à un lecteur de mieux choisir ses livres. Exemple: un roman peut être faible au niveau des personnages mais fort au niveau de l’histoire, de l’univers et l’intrigue. Pour un lecteur où l’histoire prime sur les personnages, se livre pourra se révéler être bon, alors qu’à l’inverse ce livre sera moyen pour un lecteur qui attend de la profondeur des personnages. La notation en bas, représente la sensation globale, affective que j’ai eu avec ce livre.
Étoiles mortes, intégrale regroupant les trois tomes des Étoiles Mortes, écrit par Jean-Claude Dunyach, fait partit d’un cycle/monde lié aux Animaux-Villes, tout comme le roman Étoiles mourantes, écrit par ce dernier en collaboration avec Ayerdhal. Deux grands auteurs que j’ai appris à apprécier par le biais de ces deux livres, deux très belles plumes tout aussi belles qu’elles sont singulières et personnelles. Cette intégrale d’Étoiles Mortes va traiter des sujets de l’émigration, de la main mise d’une élite sur un territoire (en l’occurrence ici, les Animaux-Villes) mais également de la surpopulation.

Les Animaux-Villes sont des animaux de la taille d’une petite planète, naviguant à travers l’espace et où la vie humaine est possible. L’Animal-Ville est capable de moduler son corps, sa chair, en fonction des besoins humains et peut communiquer avec ses congénères à travers son beffroi ce qui laisse des traces au sein de la toile de l’espace. Les Cartels sont les propriétaires des Animaux-Villes et on voit déjà ce profiler un thème, cher à la SF, l’appropriation humaine des découvertes spatiales, quand bien même ses découvertes sont vivantes et intelligentes. Qui plus-est, cette appropriation ne privilégie que l’élite, nommée ici le « Cartel » et non pas la part de l’humanité qui en aurait besoin : surpopulation sur la terre, sécheresse, la population est cloîtrée sur la planète, alors que 27 Animaux-Villes existent et où très peu de gens vivent dans le luxe. Cette élite peut naviguer d’Animaux-Villes en Animaux-Villes, par l’intermédiaire de clones où l’on peut transférer son esprit.

On suit ici, les aventures de Closer, Artiste, qui fait partit des rares privilégiés qui ont le droit de passer d’Animaux-Villes en Animaux-Villes pour pouvoir créer des œuvres d’art qui sont extrêmement populaires au sein de la haute société. Ce dernier rencontre Marika , une Astrale, humaine dématérialisée, sous forme astrale, qui attendent que leurs corps arrivent sur l’Animal-Ville. Cependant, les vaisseaux censés convoyer son corps, ont perdu son enveloppe physique. Elle est donc obligée de vivre sous sa forme astrale en attendant que l’on retrouve son corps. Cependant, tous les deux sont liés aux Animaux-Villes, plus particulièrement Marika : les Astrales sont surnommés les « Amantes des Villes » car elles sont en communion avec elles. De là, découle ce qui m’a le plus plut dans ce livre : la plume de Dunyach. Très poétique, elle décrit très fantastiquement la relation entre Closter ainsi que son petit chat et Marika, mais aussi le lien qui les unis avec les « Animaux-Villes ». Il est important de ne pas oublier que les Animaux-Villes ne sont pas des objets inertes, mais bien des êtres vivants, mais il ne faut pas non plus les humaniser, car elles sont loin de réfléchir comme les hommes.

Les liens entre les êtres humains (Closter et Marika) mais les liens inter-espèces (Closter et Marika avec les Animaux-Villes, ou encore à moindre mesure les liens entre Closter et Marika et le petit chat (qui n’a pas forcément une place que minime dans l’histoire)). De plus deux autres personnes font partie de cette histoire, Falstaff et Vorst, qui ont chacun un clones qui ont toutefois la particularité d’être des clones actifs en même temps et partageant leurs mémoires à tous moments. Ils sont reliés en permanence. Ils permettent alors aux voyageurs une stabilité sur les Animaux-Villes : Falstaff le barman, permet une stabilité émotionnelle aux voyageurs, un phare, un point de chute commun. Vorst, représente lui, l’ordre, la police et vérifié que tout fonctionne comme le désir le Cartel. L’univers SF est bien développé et tout en restant subtile, en devient parfois un peu compliqué à cerner. Il n’en reste pas moins que l’univers développé est original et bien ficelé.

Le point négatif de ce livre vient d’une part du fait que le livre est une intégrale et d’autre part que l’histoire concernant les Cartels, est peu développée au profit des relations entre Closter et Marika. En favorisant ces relations entre les personnages, le livre connait certaines longueurs. De plus, le fait que cela soit présenté sous forme d’intégrale, consolide cette fracture de l’histoire passant d’une histoire à une autre, tout en restant liées avec Closter et Marika, ce qui donne l’impression qu’il y a des trous dans une histoire continue.

Mon avis

Ce livre est très agréable à lire, si l’on préfère s’accentuer sur les personnages et leurs développements plutôt que sur des histoires complexes. Amateurs de space-opéra, je ne suis pas sûr que vous trouveriez votre compte avec ce livre et je pense que vous devriez vous tourner vers l’autre livre traitant des Animaux-Villes, Étoiles mourantes, écrit en collaboration avec Ayerdhal, qui je pense répond beaucoup plus a vos attentes. Pour ma part j’ai clairement préféré Étoiles mourantes à Étoiles Mortes, car l’histoire prime sur les protagonistes (ce que moi je préfère) mais n’en oublie pas moins de les développer et de les rendre attachant. Cependant, ce livre reste un roman de qualité avec une très belle plume qui vaut le coup d’être lu.

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