Avis : Étoiles Mourantes de Jean-Claude Dunyach et Ayerdhal

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Les Animaux-Villes, gigantesque cités biologiques et conscientes, capables de défier les lois de l’Espace-Temps, ont permis à l’humanité de coloniser l’espace. Mais celle-ci s’est divisée en quatre rameaux, les Mécanistes, les Connectés, les Organiques etles Originels. Entre ces factions que trop de choses séparent, la guerre menace d’éclater.

Face à ce danger, un Animal-Ville tente de tracer une autre voie. Les rameaux sont invités à assister ensemble à un spectacle unique : la mort par supernova d’une étoile binaire. Leurs représentants seront-ils à la hauteur de cet événement cosmique ? Et quelles seront les conséquences de ces retrouvailles ?

Titre : Étoiles Mourantes
Auteur : Ayerdhal & Jean-Claude Dunyach
Couverture : Gilles Francescano
Editeur : Mnémos
Lien: Étoiles mourantes
Pages: 550 p.
Format: Grand Format (Hardback)
Dépôt légal : novembre 2014
ISBN : 978-2-35408-283-3
Prix: 25€
Étoiles Mourantes
Je préfère amplement ce genre de représentation d’un roman pour se donner une idée sur celui-ci. Elle permet une notation (non chiffré, selon moi l’art ne se note pas) plus subtile et moins grossière qu’une note générale. Le graphique radar, sans donner de chiffre, permet de voir les forces et les faiblesses d’un roman. Elle permet également à un lecteur de mieux choisir ses livres. Exemple: un roman peut être faible au niveau des personnages mais fort au niveau de l’histoire, de l’univers et l’intrigue. Pour un lecteur où l’histoire prime sur les personnages, se livre pourra se révéler être bon, alors qu’à l’inverse ce livre sera moyen pour un lecteur qui attend de la profondeur des personnages. La notation en bas, représente la sensation globale, affective que j’ai eu avec ce livre.
Étoiles Mourantes, suite (?) d’Étoiles mortes de Jean Claude Dunyach, écrite par ce dernier en collaboration avec Ayerdhal, un auteur que j’apprécie particulièrement (du peu que j’ai lu, il maitrise bien les Planets-Operas). Si pour Étoiles mortes, mon avis était un peu mitigé, mon avis sur Étoiles mourantes l’est beaucoup moins.

En gros si je voulais résumer le livre sans spoiler, l’humanité est arrivée À un point où elle c’est totalement fracturée et les Animaux-Villes pour éviter une guerre irrémédiable qui mettrait un terme à l’humanité et à la planète elle-même (ceci n’est pas sans rappeler les craintes qui ont émergé avec la Guerre Froide et qui est sans cesse croissante depuis lors) leur ont proposé de se séparer en rameaux spécifiques et de partir chacun sur un Animal-Ville. Chaque rameaux exprime une capacité humaine, mais aussi une des facultés, une des craintes caractéristiques de l’homme. D’une par il y a les Originels : ils représentent l’esprit humain. En gros les Originels représentes ceux dans la société qui craignent la mort (on peut penser dans notre monde à tous les artifices faits pour gommer la vieillesse, la peur sans cesse de mourir et la recherche scientifique frénétique pour reculer de plus en plus l’âge de la mort, ou encore la religion permettant d’appréhender la mort plus facilement en imaginant un monde meilleur après la mort). Ce phénomène poussé à son paroxysme chez les Originels, a transformée la société humaine en virtualisant les morts, en enregistrant ce qui fait qu’une personne est elle-même et pouvant vivre toujours sous forme Astrale (une combinaison de clonage et de virtualisation). Les Connectés eux, représentent le cerveau humain.

Les Connectés représentent la jeunesse qui a vécu avec Internet : ils ne vivent plus « physiquement » mais au sein d’un réseau et sont connectés en permanence, la vie privée n’a plus de raison d’être. L’idée poussée à l’extrême, emmène cette humanité à être dépendant de l’information et du réseau. Si les connectés sortent du réseau, le flot d’information et le contact ininterrompue avec la communauté cesse et leur donnent la même sensation que l’on aurait dans une chambre de privation sensorielle dans laquelle on aurait baissé le taux d’oxygène. Les Organiques, eux, représentent le corps humain et l’acceptation totale de l’autre, de l’étranger. Ils sont entrés en parfaite symbiose avec un parasite extra-terrestre, qui fait qu’ils peuvent produire des « objets » avec leurs corps et sont ensuite obligés d’en faire un don. Cette acceptation de l’autre, au dépend de leur nature même, transforme cette humanité en entité molle qui n’est pas à même de survivre seule.

Enfin les Mécanistes, qui ont une place privilégié dans l’histoire, représente la science et la puissance poussée à son paroxysme. À l’image d’un ultra capitalisme à la recherche du moindre profit, les Mécanistes cherchent à pousser la science à ses extrêmes limite en cherchant et à percer le moindre secret de l’univers, mais aussi la capacité des Animaux-Villes à pouvoir se transporter instantanément. Cependant, c’est un groupe belliqueux qui a toujours cherché à dominer les autres rameaux. Le livre commence ici, les Mécanistes sont sur le point de percer les mystères des Animaux-Villes et d’attaquer les autres rameaux (qui n’ont aucune chance). Les Animaux-Villes vont demander à des ambassadeurs de chaque rameau en l’honneur du « Grand rassemblement » de se joindre à eux pour assister à une supernova : le but sous-jacent est de réunir les rameaux pour empêcher un acte irrémédiable..

Ce roman traite alors de la xénophobie, mais aussi des gros problèmes qui émergent en ce XXIe siècle comme je l’ai expliqué avec les différents rameaux. Elle est une fresque de la société et critique une à une chacune des ses caractéristiques pour faire émerger l’idée que prise indépendamment l’une de l’autre, rien de bon ne peut en sortir. En revanche, la coopération peut mener loin l’humanité. C’est ce que j’ai aimé dans ce livre. Il tend à montrer une coopération universelle de tous les groupes de la société, en montrant que pour atteindre ce but, le chemin n’est pas aisé. De plus, ce qui pousse le texte encore plus loin, c’est que Dunyach et Ayerdhal ne traite pas chaque rameau comme un tout uniforme et homogène. Des éléments de dissidence germent dans chaque société. Chez les mécanistes, société profondément machiste, un groupe féministe se met en place et le héros mécaniste est influé par elle et notamment une femme qui essaye de lui faire rejeter ses idées préconçues (personnellement c’est mon passage préféré du livre). Ce livre à une portée didactique, voir philosophique et en réussissant à lier un futur très lointain avec notre présent, il permet de faire réfléchir à la place de l’homme et plus particulièrement de l’individu, dans le devenir de l’humanité.

Mon avis

J’ai vraiment aimé ce livre et je le conseille sans réserve. L’histoire est complexe, subtil mais compréhensible et celle-ci est rehaussée par des personnages attachants (j’ai beaucoup aimé les héros connectés et le héros mécaniste). Les différents rameaux sont la passerelle entre notre présent et leurs avenirs, ce qui implique vraiment le lecteur dans le livre. De plus, le roman, n’est pas manichéen : les mécanistes ne sont pas forcément les grands méchants même si c’est ceux qui peuvent mettre un terme à l’humanité le plus rapidement, mais chacun à leur niveau mettraient fin à l’humanité d’une façon ou d’une autre (mollesse des organiques, le renfermement des Connectés, la déshumanisation des originels….). Les Animaux-Villes restent les éléments les plus stables de cet univers, ce qui remplit encore plus de mystère ce Space-Opéra de qualité. L’alliance de la prose de Dunyach et la maîtrise des Planets-Opéras d’Ayerdhal donne la naissance à un nouveau chef d’œuvre de la SF française.

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