Avis : Mytale de Ayerdhal

Mytale Topo de base:

200 militaires, triés sur le volet partent en mission sur la planète Mytale, planète abandonnée de l’Empire, à cause des mutations catastrophiques qui sont inévitables et induite par la planète même. La Fédération homéocrate né des cendres de l’Empire, attiré par l’appât du gain scientifique cherche alors à reprendre Mytale sous sa coupe.

Titre : Mytale
Auteur : Ayerdhal
Couverture : Néant
Éditeur : Au Diable Vauvert
Lien: Mytale
Pages: 532 p.
Format: Grand Format
Dépôt légal : mars 2010
ISBN : 9782846262125
Prix: 20€
Mytale
Je préfère amplement ce genre de représentation d’un roman pour se donner une idée sur celui-ci. Elle permet une notation (non chiffré, selon moi l’art ne se note pas) plus subtile et moins grossière qu’une note générale. Le graphique radar, sans donner de chiffre, permet de voir les forces et les faiblesses d’un roman. Elle permet également à un lecteur de mieux choisir ses livres. Exemple: un roman peut être faible au niveau des personnages mais fort au niveau de l’histoire, de l’univers et l’intrigue. Pour un lecteur où l’histoire prime sur les personnages, se livre pourra se révéler être bon, alors qu’à l’inverse ce livre sera moyen pour un lecteur qui attend de la profondeur des personnages. La notation en bas, représente la sensation globale, affective que j’ai eu avec ce livre.
Ayerdhal, qui nous a quitté à l’âge de 58 ans, en 2015, manque cruellement à la scène de la SF française. Mais qui était-il ? Jonglant entre différents métiers, Ayerdhal a toujours baigné dans la science-fiction et de fait, a toujours écrit. Le polar et la science-fiction sont ses deux armes littéraires. Savoir allier différents genres littéraire est l’apanage d’un auteur de talent. Écrire des romans intemporels, est le second attribut d’un auteur talentueux. Ses thèmes de prédilection sont, l’écologie, le partage des richesses et la tolérance : Ainsi ses thèmes se retrouvent à différents degrés, avec différentes variations dans Mytale.

Mytale, abandonnée depuis deux millénaires par toutes entités politiques, a appris à se gérer elle-même, jonglant entre les différents acteurs de la société et les mutations terribles qui ont lieu sur cette planète. En effet, cette société c’est hiérarchisé, selon les mutations qu’ont connues les habitants : les Evres caste dominante et mystérieuse, ont la main mise sur la planète et tirent les ficelles de la société. Les Mystes et les Braines sont le second échelon de la société mytale ; ils constituent la branche scientifique de la société, associant science et magie. Enfin, à la base de la société se trouvent les Beeses, représentant la caste des travailleurs (main d’œuvre) et les Hiumes, la caste des esclaves. Dans cette société extrêmement hiérarchisé, il existe des échelons au sein même des échelons. Prenons l’exemple typique des Hiumes : il y a des Hiumes, esclaves sans aucun respect de soi-même, quasiment des poupées sans vie reléguées en bas de la société, car ils n’ont pas mutés et les Illes, qui ont les mêmes caractéristiques que les Hiumes, mais qui ont une rage de vivre tel qu’ils ont réussi à posséder une terre indépendante et représentent l’élément de perturbation de la société.

Différents niveaux de lectures se présentent à nous. De prime abord, se déploie une société injuste, mais qui fonctionne, capable de déjouer les attaques d’une Fédération spatiale, qui reste cependant, totalement inhumaine. Nous suivons les pérégrinations d’un Illes, qui va faire explorer toute la société mytale, à une membre de la Fédération en lui montrant les différentes strates et subtilités qui la composent. Horrifié, le lecteur voit se déployer une société inhumaine et comprend au fur et à mesure les enjeux du livre : d’une part la volonté de la Fédération de reprendre Mytale sous sa coupe, histoire symbolisée par Audh et la volonté de faire tomber cette société inhumaine, histoire symbolisée par Lodh. Ici c’est la place des grandes instances dirigeantes qui sont critiquées. D’une part celle de la Fédération qui a abandonné la planète à la première difficulté et qui sur un coup de tête décide de reprendre la planète, comme si elle lui appartenant (encore une fois, la critique de la volonté humaine de tout posséder et d’agir comme si tout lui appartenait), et d’autre part, celle des Evres, qui agissent de telle sorte que toute la société mytales reste sous sa coupe, quitte à créer une société modelé dans la souffrance et l’injustice. À travers les introductions de chapitres, faites sous formes d’extrait d’articles scientifiques de la société de la Fédération, le lecteur fait le parallèle entre la société mytale, qui est invariablement atroce et la société de la Fédération, qui représente notre société transposé dans un futur lointain, qui nous semble belle et juste avec seulement quelques défauts.

A travers cette épopée de Lodh et d’Audh ainsi que de cette visite de la société mytale, se développe également une vision écologique : une société sans technologie, où les êtres vivants sont en communion avec une nature tout aussi violente qu’un animal enragé, où les mutants composant la société vivent en communiant avec certaines espèces, où l’on dompte la nature sauvage sans la détruire, nous montre la face prédatrice de notre société vis-à-vis de la faune et la flore de notre Terre (je n’ai pas m’empêcher de penser à toutes les espèces disparues, qu’elle soit animale ou végétale, qui sont liées directement ou indirectement de l’activité de l’espèce humaine).

Mon avis

D’une part Mytale critique ce qu’est devenu notre société, en exposant ce qu’elle deviendra plus tard lorsque la conquête spatiale ne connaitra pas d’obstacle, mais nous montre aussi les implications bénéfiques d’une société sans technologie, mais une société modelé dans le déterminisme (c’est-à-dire que chaque personne à une fonction dans la société, qui est déterminé par sa naissance). Elle tend à montrer que notre société qui pour symbolise une société quasi idéale, nait des évolutions et des souffrances que l’on a connues dans le passé, du bonheur et de la souffrance de ceux qui ont composé la société pour qu’elle s’améliore, ne doit pas s’endormir et continuer d’évoluer si l’on ne veut pas terminer dans une société aussi impitoyable qu’est Mytale. Le tout est parsemé de critique écologique et de critiques du progressisme ininterrompu, dans le sens où la recherche du progrès exponentiel a eu des impacts sur la nature et la planète qui nous entoure : espèces disparues, flore ravagée (déforestation, pollution de l’air et de l’eau …), paupérisation de la société (révolution industrielle a augmentée drastiquement la pauvreté de toute une frange de la population…). Ce livre, premier témoignage pour moi des romans d’Ayerdhal, est une excellente découverte : les sujets traités sont profonds, subtils et nuancé : aucune des entités, que cela soit Mytale ou la Fédération ne sont, des sociétés idéales, aucune n’est bonne ou mauvaise, chacune à ses qualités et ses défauts et montre la place de l’individualisme qui peut faire bouger les choses. Cette nuance est possible par ces articles de début de chapitre où des scientifiques de la Fédération, qui à l’image d’historiens, tentent d’avoir une approche critique de la société mytale. Enfin, même si ces thèmes sont profonds, intemporels, le roman est écrit tel un page-runner, bourré d’action, le livre se lit avec une facilité déconcertante. Ce livre rentre au Panthéon de ma Bibliothèque.

18
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s