Avis : The Expanse, tome 1, L’éveil du Léviathan, de James Corey

expanse 1 Topo de base:
Des tensions entre la Terre, Mars et la Ceinture.
Des survivants de l’annihilation d’un vaisseau cherchant la vérité et les coupables.
Un inspecteur de la Ceinture chargé de retrouvé la fille d’un riche industriel, ayant fuguée.

Titre : L’Éveil du Léviathan
Auteur : James Corey
Couverture : Dmytryj EPYK
Éditeur : Acte Sud, coll. Babel
Lien: L’éveil du Léviathan
Pages: 704 p.
Format: Poche
Dépôt légal : juin 2015
ISBN : 978-2-330-05112-9
Prix: 10.90€
The expanse 1 radar
Je préfère amplement ce genre de représentation d’un roman pour se donner une idée sur celui-ci. Elle permet une notation (non chiffré, selon moi l’art ne se note pas) plus subtile et moins grossière qu’une note générale. Le graphique radar, sans donner de chiffre, permet de voir les forces et les faiblesses d’un roman. Elle permet également à un lecteur de mieux choisir ses livres. Exemple: un roman peut être faible au niveau des personnages mais fort au niveau de l’histoire, de l’univers et l’intrigue. Pour un lecteur où l’histoire prime sur les personnages, se livre pourra se révéler être bon, alors qu’à l’inverse ce livre sera moyen pour un lecteur qui attend de la profondeur des personnages. La notation en bas, représente la sensation globale, affective que j’ai eu avec ce livre.
Les space-operas ont connu une longue tradition dès l’âge d’or de la SF. Avec évidemment le célèbre Fondation d’Asimov, les spaces-operas ont évolués et se sont adaptés aux goûts des lecteurs. Le cycle de The Expanse est censé être un de ces palier de l’évolution du genre. Alors, est-ce vrai ou pas ?

Tout d’abord, de quoi parle ce premier tome. Il existe trois factions dans le système solaire : les Terriens, les Martiens et les Ceinturiens et en leurs sein l’APE, mouvement contestataire et terroriste. Les Terriens sont les plus riches et ceux qui possèdent la plus grande flotte. Mars sont d’ anciens colons terriens ayant les flottes les plus évolués scientifiquement parlant. Les Ceinturiens, eux ont la vie dur : environnement hostile, ils sont faibles physiquement à cause de la pesanteur, et ne peuvent vivre sans le soutien des Terriens et des Martiens. La situation est arrivée à un tel point, que les Ceinturiens ne sont quasiment plus considérés comme humain, mais comme une main d’oeuvre bon marché pour ramener les minerais spatiales. Nous suivons également en parallèle plusieurs personnages : l’équipage survivant du Canterburry, mené par le second du vaisseau, Holden l’utopiste impulsif. Il y a également l’inspecteur Centurien solitaire Miller, chargé de retrouver Julie Mao, la fille de grands industriels localisé sur la Lune. Leurs histoires vont se tisser, s’entrecouper jusqu’à se réunir pour façonner un space-opera original sur quelques points.
En effet, contrairement à la plupart des spaces-operas, celui-ci se passe dans un avenir plutôt récent, pas trop éloigné de notre temps et comme certain me l’on dit, ce space-opera est traité sous forme policière. Sur ce point je suis assez réservé, car à par l’enquête de Miller qui ne tient que le premier tiers du roman, le genre policier n’est pas très présent et se mue assez rapidement en une vaste intrigue politique.

Le roman, à travers ses 700 pages tentent d’aborder pas mal de points qui sont valorisés par le futur récent que décrit le récit. Ce roman parle de racisme (envers mes Ceinturiens essentiellement, mais aussi entre les différentes factions du système) mais surtout la place des intérêts privés dans le contexte politique, où comment des entreprises privées gouverne et influe l’Histoire, plus que l’État lui-même. En cela, il me rappelle Semailles Humaines de James Blish. Tout comme ce roman, The Expanse met en valeur la puissance de l’individualité et la façon où seul nous pouvons changer le cours de l’Histoire, d’arrêter une guerre. Enfin, le roman met en lumière la dangerosité des prochaines guerres, de la manière où l’on peut annihiler toutes une population, du vaisseau à la planète, en une seconde ou sur un malentendu. En somme, ce roman met en garde le monde moderne, sur les interférences des intérêts privés et les guerres vers lesquelles cela peut amener. La dangerosité des guerres sont et seront, toujours de plus en plus importantes : les risques qu’elles impliquent pour le destin de l’humanité et exponentiellement croissante face au progrès scientifique incessant.

Un des points faibles du roman se trouve peut-être dans l’intrigue. Elle est très intéressante, mouvementée mais, au final il n’est pas très difficile d’en cerner les contours. Sans trouver exactement qui sont les responsables et qu’est ce qu’il se passe, le lecteur peut quand même assez rapidement comprendre les enjeux et deviner en gros qui sont les responsables. Il n’en reste pas moins, que l’intrigue arrive à surprendre et reste de bonne qualité et que j’ai hâte de savoir comment ça évoluera dans les tomes suivants. Le second point noir ce sont les personnages. Quasiment tous les personnages sont assez caricaturaux et assez vide. Même si d’habitude ça d’habitude cela ne me dérange pas, le fait qu’il soit caricaturaux m’a légèrement rendu difficile de m’immerger dans l’histoire. Cependant, pour ceux qui ont vu la série, les personnages sont beaucoup mieux traités, plus subtils et aucun n’est réellement antipathique. Ces deux critiques sont à nuancer, car toutefois j’ai apprécié l’histoire et les personnages, mais il m’a manqué ce petit truc pour rendre une histoire réellement captivante.

D’un autre côté, on ne s’ennuie pas du tout tout le long du livre, qui ne connaît aucune longueur. Les rebondissements sont intéressants et l’histoire se complexifie au fil du récit. La façon dont s’entremêle les différentes histoires des personnages qui se combinent également avec le contexte politico-économique des différentes entités du système solaire. Le gros point fort du livre c’est l’alternance du récit entre chaque personnage : dans chaque chapitre, le livre plonge le lecteur dans la tête de l’un d’entre eux et c’est quelque chose que j’apprécie beaucoup. Ce point est un peu gâché, car au final on passe quasiment tout le temps partagé entre Holden et Miller, alors qu’il y a beaucoup d’autres personnages. J’espère que cela sera différent avec les prochains tomes.

Mon avis

Même si le livre est légèrement gâché par de multiples petits problèmes, le tout reste de bonne facture et très agréable à lire. Ce roman, avec ses 700 pages, est un véritable page-runner ne connaissant aucune longueur, ce qui est vraiment sympa. Cependant, ce roman n’est pas ce nouveau pionnier du space-opéra et je ne pense pas qu’il va marquer l’histoire des spaces-operas (comme dans son temps Ilium de Dan Simmons, que je suis en train de lire), mais mérite toutefois qu’on se penche sur lui. Sans innover dans le genre, certaines idées sont très bonnes à prendre et vont peut-être permettre à de très bon spaces-opera d’émerger.

15

*Notation du radar
– Univers: Cohérence et originalité du monde de l’univers du roman
– Intrigue: Cohérence et originalité des intrigues principales autant que secondaire
– Suspense: Est-ce que l’on est surpris au cours de l’histoire, est-on capable de prévoir ce qu’il va se passer les pages suivantes
– Notions: Compréhensibilité de l’Univers, notions et explications cohérentes et simple à suivre (ex: terme et notions scientifiques de Hard SF)
– Rythme: Fluidité et longueurs du récit
– Personnages: Profondeur, subtilité, attachement aux personnages
– Écriture: Qualité de l’écriture de l’auteur

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