Avis: Armés et dangereux de Serge Brussolo

armé L’histoire d’une romancière dans la misère.
L’histoire de deux jeunes braqueurs de banques.
L’histoire d’une société marquée par leurs exploits.

Titre : Armé et dangereux
Auteur : Serge Brussolo
Couverture : Néant
Éditeur : Le Masque
Lien: Armé et dangereux
Pages: 188 p.
Format: Livre de poche
Dépôt légal : Juin 1998
ISBN : 2-7024-9118-9
Prix: Néant
Radar Armé et dangereux
Auteur prolifique, que je ne cesse de redécouvrir, je découvre aujourd’hui un livre des années 90 de Brussolo, qui est de très bonne facture. L’emballage est moyen (la faute aux éditions du Masque) mais le contenu est vraiment surprenant ! Bonnie & Clyde ?

Peggy la romancière ? Mais de quoi nous parle ce livre?!

Pour vous faire un bref topo, deux histoires s’entremêlent dans ce court roman, qu’on dévore en une journée. D’une part, l’épopée de Kitty et Dum, deux jeunes adultes, qui n’étant pas en phase avec leur société, décide de braquer des banques pour le plaisir. 40 ans plus tard, Peggy Sue (et oui c’est bien la Peggy Sue des romans de jeunesse) qui a bien changée depuis, romancière sans le sou, vivant dans un ghetto ou meurtres et violences sont de coutume, apprend qu’une série de test pour insecticide se fait dans la villa de Hellsander, là où sont mort Kitty et Dum. Fascinée par ces deux brigands romantiques depuis son enfance par le biais de son père qui cherche, à ses temps perdus, de retrouver le trésor des braqueurs. Frappée par son passé, Peggy va alors partir pour cette villa maudite. Contrairement a ce que laisse penser la quatrième de couverture (édition du masque), le livre ne raconte pas qu’une enquête sur le mystère de Hellsander, mais bien plus que ça, tant bien qu’à la fin de ce roman (moins de 200 pages) on à la sensation d’avoir terminé plusieurs livres et de ne pas réussir à définir quelle était l’histoire principale.

Kitty et Dum

Le succès de ce roman provient d’une part de la facilité qu’à Brussolo de plonger le lecteur dans la fascination des deux personnages mythiques de Kitty et Dum sans jamais les faire apparaître, tissant leur récit par le biais de témoignages de différents personnages. Ces deux personnages sont le ciment de ce roman. Tout se polarise autour d’eux. Encore une fois, contrairement à ce qu’indique les éditions du masque, Kitty et Dum ne « singent » pas « Bonnie Parker et Clide Barrow ». Loin de là. Ces deux derniers ne sont cités qu’en tant qu’exemple dans les journaux. Pas plus. Personnages complexes, le lecteur a du mal à faire la part entre la réalité et le mythe, entre fascination et rejet.

Popularité, fascination, transposition

En effet, tout comme Bonnie & Clide, à l’époque Kitty et Dum ont été sujet à un véritable élan de popularité au moment des braquages jusqu’à avoir des échos encore 40 ans plus tard. Seulement certains se sont enfermés dans cette fascination : le père de Peggy qui connaît sur le bout des doigts toute l’histoire et reste obnubilé par les zones d’ombres; June, présidente du fan club de Kitty et Dum ou encore Tolokine le gardien de Hellsander qui n’a pas su quitter la villa après leurs morts. Chaque personnage de l’histoire représente un degré de plus dans cette fascination : Peggy et son père qui cherchent seulement à comprendre l’histoire; June qui collectionne chaque témoignage, chaque théorie et se confond presque avec Kitty. Quant à Tolokine, lui, arrive à l’étape finale, où il se prend parfois pour Dum.

Hors du récit, le dur monde du livre

Pour terminer, je pense qu’il est intéressant de signaler que dans ce livre Brussolo critique le monde du livre, le monde éditorial et la précarité des auteurs. Comment mieux le montrer qu’en citant le livre ? (Je rappelle que Peggy est une jeune romancière)
« Quatre ans plus tôt, elle avait été potelée, […] mais la misère y a mis bon ordre, la débarassant des quelques kilos en trop » « Elle toucha son ventre nue. Il lui sembla encore plus plat que la veille, quant à ses côtes, on aurait pu jouer du xylophone dessus ».
Un dialogue :
« Qu’est ce que vous faites dans la vie ? » – « Je suis romancière » – « Oh des livres? Ça ne sert plus à grand-chose depuis qu’on a inventé la télévision. »
Mais surtout ce que Brussolo critique c’est le monde éditorial et son manque d’humanité : les lecteurs de livres policiers cherchent « désormais des femmes dures […] des filles qu’on a violées, séquestrées ou agressées […] Vous n’auriez pas prise en otage par hasard ? »

Mon avis

C’est un très bon livre de Brussolo, une pépite. Plusieurs histoires se chevauchent avec succès et le tout est bien plus complexe que ne le laisse supposer la quatrième de couverture. Tous les personnages sont intéressants, et possède une part de mystère, tant bien que parfois le lecteur ne sait pas s’il rentre dans le domaine du fantastique. Tous les personnages sont attachants, ont du volume et une aura de mystère.
Une lecture qui détend, une lecture qui emporte. Un roman à lire, à dévorer !

18

*Notation du radar
– Univers: Cohérence et originalité du monde de l’univers du roman
– Intrigue: Cohérence et originalité des intrigues principales autant que secondaire
– Suspense: Est-ce que l’on est surpris au cours de l’histoire, est-on capable de prévoir ce qu’il va se passer les pages suivantes
– Notions: Compréhensibilité de l’Univers, notions et explications cohérentes et simple à suivre (ex: terme et notions scientifiques de Hard SF)
– Rythme: Fluidité et longueurs du récit
– Personnages: Profondeur, subtilité, attachement aux personnages
– Écriture: Qualité de l’écriture de l’auteur

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