Avis: Interférences de Yoss

mnemos-helios215-2014 Deux voisins bien différents : un grand pays, un petit pays. L’un est démocratique et développé. L’autre est gouverné par un Dictateur affable…
Trois événements incongrus viennent bousculer les relations déjà tendues de ces deux voisins-ennemis : une curieuse interférence perturbant les émissions télévisées, un rayon étrange aux effets inattendus, et des cheminées s’élevant rageusement vers les cieux.
Le propos, jamais ouvertement politique, dessine un portrait au vitriol de la société cubaine. C’est truculent, hilarant, divertissant. Entre ce petit pays et son grand voisin, tout est prétexte à des interférences !

Titre : Interférences
Auteur : Yoss
Couverture : Atelier Octobre Rouge
Éditeur : Mnémos
Lien: Interférences
Pages: 208 p.
Format: Livre de poche
Dépôt légal : mai 2014
ISBN : 978-2-35408-215-4
Prix: 7.90 €
Initialement édité par la maison d’édition Rivière Blanche, Hélios réedite, trait pour trait, le court roman Interférences du cubain Yoss. Le roman se découpe en trois grandes parties, chacune d’elles pouvant s’apparenter à une nouvelle, mais le lien entre chacune d’elles est évident, au-vu de l’environnement et de l’humour de chaque histoire.

En effet, l’histoire principale se concentre sur l’opposition entre deux pays voisins, non nommés, mais évident à deviner. D’un côté, le grand pays, riche et démocratique, et d’un autre côté, le petit pays, pauvre et gouverné par un dictateur « plus ou moins affable » (Grand Guide Spirituel). Dans cette courte introduction – pas si courte que ça au final au vu de la longueur du livre – humoristique, Yoss présente les deux principaux intervenants de l’histoire. Oui, dans ce roman, on se fout un peu des personnages – sauf, bien sûr, le Grand Guide Eclairé –, et en même temps c’est pas important. Ce qui est essentiel, c’est l’opposition entre ses deux pays, et comment cette opposition s’intensifie ou s’atténue selon les événements mondiaux – plutôt les événements communs aux deux pays. Ainsi, on découvre aux travers des trois nouvelles, des changements dans les rapports diplomatiques entre les deux pays au travers d’événements délirants et purement de science-fiction.

La première nouvelle Les Interférences porte sur un habitant du petit pays, Monsieur Perez, qui par l’usage de la méthode cinétique sur son antenne de télévision, parvient à capter des images du futur. De ce fait, le petit pays obtient un avantage immense au-devant du grand pays afin de montrer sa suprématie. C’est drôle et malin, la nouvelle se laisse lire aisément, on sourit, et on s’imagine les réactions du monde entier si cet événement arrivé vraiment.

La seconde nouvelle Les Pièces est, de loin, la plus étrange des trois. Cette fois-ci, c’est le grand pays qui est victime d’un événement paranormal (et un peu le petit pays aussi). Un mystérieux rayon entraîne la transformation des habitants en des objets … vivants … enfin des objets … en fait, on n’en sait rien et encore une fois, l’explication n’est pas nécessaire. L’auteur s’amuse de nouveau – et nous, en même temps – à exploiter au maximum la réaction des individus à ce genre d’événements à la fois politiquement, et humainement.

La dernière nouvelle, et pas des moindres, se nomme Les Cheminées et s’apparente complètement un concours de Qui à la plus grosse … cheminée. Cette nouvelle est celle qui m’a fait le plus rire au vu de la tournure complètement absurde que prend le concours, que ce soit du côté du petit pays, que du grand pays. Le final de cette nouvelle est juste magique (je trouve) et, je dirais, pathético-hilarant. Je pense que c’est cette dernière nouvelle qui montre le mieux les proportions que peuvent prendre un long conflit qui oppose deux pays.

Mon avis

Ce roman court est un pur délice, c’est original, nouveau et sarcastique à souhait. Il se lit avec énormément de plaisir et quelques nouvelles en plus n’auraient pas été de trop (à savoir que le livre contient deux autres nouvelles Ils étaient venus et Seppuku ainsi qu’une entrevue entre la traductrice du roman et l’auteur).
Autre point à ne pas oublier, Interférences permet de s’ouvrir à une littérature étrangère peu présente sur le marché, la littérature cubaine, qui est ici, entièrement critique vis-à-vis de la politique du grand pays et du petit pays.
Au final, un livre à dévorer avec humour.

18

 

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